PIANOS ESTHER

La plus ancienne maison de pianos de Wallonie
Agence Rönisch

 


Yamaha

Manufacture d'harmoniums et de pianos fondée à Hamamatsu (Japon) en 1887




On distingue sous le piano à queue la fabrique d'Hamamatsu.
Carte postale, c. 1935.


En 1868 s'ouvre l'ère Meiji - l'époque éclairée - du nom de l'empereur Mutsuhito qui proclama sa volonté d'occidentalisation de la société japonaise. Torakusu Yamaha a 27 ans. Fils d'un astronome, il est passionné de mécanique de précision et adhère au mouvement de réforme et de modernisation du Japon. Ses activités professionelles le conduisent à Hamamatsu où il entreprend la réparation d'un harmonium d'origine étrangère qui est le seul exemplaire dans toute la région. C'est le point départ de son intérêt pour les instruments de musique. Adepte de la philosophie nationaliste Meiji, il décide de construire des instruments 100% japonais. D'abord des harmoniums, dès 1888, qui s'orneront en 1889 de la marque : Manufacture d'instruments de musique Yamaha. S'ensuivra la fabrication d'harmonicas, de xylophones et de pianos.




La fabrique Nippon Gakki (Yamaha) d'Hamamatsu, c. 1935.


  
Vues des ateliers de fabrication des harmoniums et des pianos à queue Yamaha, c. 1935.


 
Modèles d'harmoniums Yamaha.
Extrait d'un catalogue des années 1910.


Torakusu Yamaha décède en 1916. En 1918, à la sortie de la Première Guerre mondiale, l'usine Yamaha compte environ 500 collaborateurs. Les années 20 sont difficiles : grêves, tremblements de terre dévastateurs, concurrence... La société Yamaha est proche de la faillite. Un cadre de l'entreprise d'électricité Sumitomo, Kaichi Kawakami, en devient actionnaire et redresse avec son fils Genichi la société Nippon Gakki qui cessera durant la Seconde Guerre mondiale la fabrication de pianos et produira des hélices d'avions, des munitions et des moteurs d'avions et de chars pour l'armée japonaise alliée de Mussolini et de Hitler (les puissances de l'Axe).





 
Piano droit, piano droit à clavier escamotable et piano à queue Yamaha.
Extrait du catalogue Yamaha, c. 1937.


A la sortie de la guerre, l'entreprise Nippon Gakki avec le logo des trois diapasons ne sait plus très bien quoi produire : des pièces pour l'industrie automobile, des appareils électroménagers ? En 1955, Geniki Kawakami, après un voyage d'étude aux U.S.A., à l'idée géniale de fabriquer des motos. Baptisées Yamaha YA-1-A et inspirées des célèbres Motobécanes françaises et des DKW allemandes, elles feront la renommée de la firme.

Nippon Gakki est rebaptisé Yamaha en 1955 en l'honneur du lointain fondateur Torakusu Yamaha (1856-1916). Une production d'instruments de musique est remise en route à côté des motos et, en 1960, Yamaha commence l'exportation vers les U.S.A. Dans la foulée, le marché européen subit une concurrence dévastatrice des instruments en provenance alors du seul Japon qui mène une politique commerciale de dumping. En 1972, la fabrique de pianos Everett Piano Co. de South Haven est achetée. Yamaha accroit encore sa présence sur le continent américain avec l'implantation d'une usine à Thomaston dans l'état de Géorgie en 1986. Le marché britannique est alors visé : Yamaha prenant progressivement le contrôle de la célèbre fabrication de pianos Kemble. La firme va poursuivre sa diversification (motos, moteurs d'auto, électronique) ; la partie piano ne représentant que quelques pourcents du chiffre d'affaire global. La production de pianos se fait de moins en moins au Japon mais en transférée largement en Chine (accords avec Pearl River), à Taiwan, et en Indonésie. L'achat total de Kemble en Angleterre, de Bösendorfer en Autriche et les participations dans l'entreprise Schimmel en Allemagne (aujourd'hui reprise par le chinois Pearl River) font de la firme aux diapasons une multinationale qui mise sur un marché globalisé. Il en ressort sous un même nom une gamme étendue de pianos (du faible au très bon) et une mercatique très efficace mais malheureusement stérilisante.



Un piano Yamaha ?



Logo historique de Yamaha avec le phénix japonais tenant un diapason dans ses serres


Vous ne risquez pas de faire le meilleur achat. Pourquoi ?

- Soit vous aurez un piano du bas de la gamme Yamaha, les modèles les plus vendus par la firme : ils ne sont pas fabriqués au Japon, mais dans d'autres parties du monde, en Chine, éventuellement dans les usines Pearl River (Guangzhou Yamaha-Pearl River Piano Inc.), ou en Indonésie. Vous le payerez cher par rapport à sa valeur réelle car vous payerez la marque !

- Soit vous achetez un modèle du milieu de la gamme Yamaha. Votre piano sera alors sans grande personnalité (son neutre, métallique, table d'harmonie en "épicéa" qui n'a rien à voir avec l'espèce de la meilleure qualité — picea abies Karr = picea excelsa Link —, voire en contreplaqué...) Acheter un piano chinois bien sélectionné, avec la garantie sérieuse de la maison qui l'entretient, sera beaucoup plus intéressant tant sur le plan du prix que sur celui de la qualité. Même si, tout compte fait, un bon piano européen ou une excellente occasion bien garantie serait un choix meilleur.

- Soit vous optez pour un grand modèle, type Yamahe U3 : mais alors pourquoi ne pas vous offrir — pour le même prix — un piano européen (allemand) du plus haut niveau technique et musical. Vous jouirez alors d'un instrument supérieur avec une âme et une personnalité qui perdureront dans le temps...

Il faut savoir aussi que la mercatique d'une firme multinationale comme Yamaha est très bien organisée : livraisons d'instruments dans des conditions de dumping dans les écoles de musique et les académies pour en exclure toute concurrence ; réseau de magasins de revente exclusif bénéficiant de remises complémentaires ; voire aussi, et pourquoi ne pas le dire : réseau de professeurs de piano conseillant la marque et recevant pour cela divers avantages...




Source : Pianos : Economic and Competitive Conditions Affecting the U.S. Industry, U.S. International Trade Commission - Washington, DC, Investigation No. 332-401, Publication 3196, May 1999.





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