
Eduard Seiler établit une fabrique de pianos en 1849 à Liegnitz en Silésie, alors sous domination de la Prusse. Le territoire devient en 1871 une région de l'Empire allemand. 82 500 pianos seront fabriqués de 1849 à 1945 chez Seiler qui se définit comme la plus grande fabrique de pianos de l'Est de l'Allemagne.








La fixation de la frontière est de l'Allemagne sur la ligne Oder-Neisse en 1945 (accord de Postdam) inclut la Silésie dans la République polonaise. L'usine a été détruite en 1945 par la guerre. Les Polonais des régions annexées par l'U.R.S.S. (Russie) sont dirigés sur les territoires enlevés à l'Allemagne. Ceux-ci, dont la Silésie (en polonais Slask, en allemand Schlesien) voient un transfert massif des Allemands à l'ouest de la ligne Oder-Neisse.
Ainsi, en 1945, la production est arrêtée. La famille Seiler-Dütz doit fuir la Silésie. Une production réduite de pianos Seiler va reprendre au Danemark à Copenhague par la fabrique Jörgensen (moins de 2000 pianos au total).


En 1957, la production se fait, sous licence, chez Carl Müller à Langlau/Bavière.
En 1962, Steffen et Ursula Seiler-Dütz commencent la fabrication Seiler sur un site propre à Kitzingen sur le Main en Bavière. Des collaborations diverses et des acquisitions (dont Zeitter und Winckelmann en 1963) conduisent à l'élaboration de l'opus 100 000 dans une usine nouvelle et agrandie pour le 125e anniversaire (1974).





Les années qui suivent sont bénies des dieux : production du meilleur niveau, ouverture des marchés étrangers dont les U.S.A. et renom international retrouvé.


En 2008, les indicateurs sont au plus bas. Le marché du piano est déprimé. La poursuite de la conduite de l'entreprise après le retrait de Steffen Seiler-Dütz est difficile. En 2009, la firme Seiler fait faillite et aucun repreneur ne se présente. La succession de Steffen-Dütz Seiler qui avait implanté la firme à Kitzingen (Allemagne fédérale) après sa destruction en Silésie, des suites de la guerre, n'a pas été bien menée. D'autre part, le marché des Etats-Unis, très important pour Seiler, s'effondre.
Après bien des vicissitudes, une multinationale coréenne achète, quasi à l'encan, ce qui reste de Seiler. Pour le coréen Samick, il s'agit plus d'acquérir un marque allemande renommée, une base de distribution à partir de l'Allemagne et des parts de marché que de rétablir la firme Seiler dans son lustre d'antan.
eLa nouvelle gamme de pianos proposée en 2011 par le coréen Samick sous les marques Seiler, Eduard Seiler et Johannes Seiler, crée la confusion. Pianos fabriqués en Asie et notamment en Corée, pianos fabriqués en Asie mais repassant par le siège de Kitzingen pour leur donner une aura allemande : tout cela émarge plus du marketing d'une firme multinationale que de l'intérêt des consommateurs.