
La firme Kawai à son origine géographique à Hamamatsu au Japon. Le fondateur de la firme a fait un tour des manufactures européennes les plus emblèmatiques vers les années 1900. La fabrication au Japon restera limitée avec de gros et lourds pianos jusqu'à la fin des années 1960. A partir de cette date, le dumping sur le marché européen et la concurrence avec Yamaha, autre firme japonaise, font rage. Le dumping commercial de ces deux firmes japonaises consistera (alors !, car depuis les choses ont bien changé) à vendre sur les marchés étrangers à des prix inférieurs à ceux pratiqués sur leur propre marché intérieur et cela pour prendre des parts de marché à l'international. Ces marques envahissent ainsi avec leurs produits, difficilement concurrençables sur les prix, le marché européen. Le résultat consistera à mettre en grande difficulté les producteurs européens. En Belgique, deux fabricants de pianos (Hanlet et Van der Elst - Gunther) abandonneront la fabrication pour "s'allier" l'un à Kawai, l'autre à Yamaha. Le troisième fabricant (Van Hyfte de Gand) périclitera...
Aujourd'hui, la firme Kawai joue sur plusieurs registres en créant de la confusion avec des claviers numériques, qui ne peuvent en rien être comparés pour le son et pour le toucher à un vrai piano; mais les prix de fabrication des claviers numériques bas de gamme sont très faibles. Kawai entretient également la confusion avec des systèmes dits hybrides, alors qu'ils ne sont que superposés. On peut surtout regretter que sous un même nom (Kawai) soient offertes des gammes de pianos de qualité très différente. Sur les authentiques Kawai — made in Japan — et sur les autres pianos portant la marque Kawai, qui sont assez faibles et produits en Malaysie, en Indonésie ou on ne sait où, il est regrettable que des vendeurs de pianos n'informent pas correctement la clientèle. Ce marketing de la mondialisation est regrettable et doit être combattu. Une information honnête doit primer.
Exemple de non-honnêteté :
Un piano Kawai-série K15 est vendu par la maison X de Liège. Il est présenté comme étant un nouveau modèle de la firme d'Hamamatsu. Avec la facture de vente est fourni un catalogue Kawai mettant en valeur les modèles Kawai K1, K2, K3, etc. Le problème ? Il est énorme : le catalogue présente les caractéristiques des Kawai en faisant l'éloge de particularités techniques assurant la stabilité et la persistance d'un beau son. Mais tous ces éléments bien répertoriés ne s'appliquent nullement au modèle K15, contrairement à ce qui est écrit dans le catalogue fourni par le vendeur qui se réfère de façon pas très limpide aux seules séries K1, K2, K3 etc. En fait, le modèle Kawai K15 :
1. n'est pas monté sur agraphes.
2. les pièces du mécanisme sont en plastique ordinaire avec les problèmes d'instabilité dans le temps que pose ce matériau.
3. le revêtement du clavier n'est pas celui vanté sur le catalogue.
4. le coeur des têtes de marteau n'est pas en acajou.
5. le bois de la table d'harmonie n'est pas de la même nature et sa mise en oeuvre est plus rudimentaire.
6. le barrage de l'instrument est conçu de façon plus simple.
7. pas de made in Japan sur la table du piano, bien sûr.
8. le cadre en fonte ne porte pas de marque d'origine coulée dans la fonte, ces fabrications pouvant être écoulées vraisemblablement sous des marques diverses... selon les pays!
L'acheteur de ce piano a en fait acquis un instrument qui devrait porter clairement une sous-marque de Kawai. Le problème n'est pas qu'il soit plus ou moins bon, plus ou moins bas de gamme. Le problème est la tromperie par omission sur l'origine de l'instrument et sur son exacte construction, sur sa tradition : c'est une série "produit blanc" produite en Chine ou ailleurs, revêtu de quelques éléments Kawai d'origine (dont la rondelle en plastique collée sur le cadre et les marques d'impression) qui permettent (!) de le vendre plus cher... comme un authentique Kawai, ce qu'il n'est manifestement pas !