PIANOS ESTHER

La plus ancienne maison de pianos de Wallonie
Agence Rönisch

 


Kawai

Manufacture de pianos fondée à Hamamatsu en 1927




Représentation du monde centrée sur le Japon (par Suido Nakajima, 1853).


Aujourd'hui Kawai est une société multinationale qui emploie plus de 6000 personnes sur quatre continents. Seule l'Afrique échappe à ce petit empire qui fabrique des pianos ou des parties de pianos au Japon (son pays d'origine), en Chine, aux U.S.A. (Lincolnton, Caroline du Nord, 1988), en Indonésie, en Malaysie avec des têtes de pont dans de nombreux pays (Allemagne, Russie, Australie, Angleterre, etc.). Kawai développe des partenariats multiples : avec Beijing Xing Hai Musical Instrument Corp. (Pékin), avec Steinway & Sons (la ligne des pianos marqués Boston) depuis 1992, etc.

Le lieu d'origine de la production des pianos au Japon est Hamamatsu, mais assez rapidement Kawai se déploie au Japon sur d'autres implantations : Arai (1957), Maisaka (1961), Ryuko (1980), Hakui (2012).

Kawai, un des leaders japonais de la fabrication de pianos, se diversifie dans l'électronique (claviers et autres instruments numériques). La multionationale qui approche les 3.000.000 de pianos fabriqués, n'a plus grand chose à voir avec l'atelier de 12 mètres de large sur 8 mètres de long dans lequel, en 1927, Koichi Kawai avec sa petite équipe, qui avait quitté Yamaha (Nippon Gakki), construisit son premier piano.

Koichi Kawai (1885-1955) nait dans une famille de fabricants de charettes (Surugaya) sous l'ère d'Edo. Son père est considéré comme l'inventeur génial de l'enroulage cordé utilisé pour les célèbres cerfs-volants d'Hamamatsu.




Utagawa Hiroshige, Cinquante-trois stations du Tokaido (série gyosho) : Fukuroi.
Source : Keio University Libraries.


Koichi rejoindra la fabrique de pianos de Torakusu Yamaha avec lequel il forme un duo inventif. Les anecdotes positives ne manquent pas à son sujet. Mais si Koichi Kawai joue un rôle important dans le développement des premiers pianos fabriqués dans l'entreprise de Torakusu Yamaha, il va bientôt voler de ses propres ailes. Il s'installe à son compte : il fonde le Kawai Musical Instruments Research Laboratory (1927) qui deviendra la Kawai Musical Instrument Manufactory Company (1929). Un premier piano droit est élaboré et mis en production. De même un premier piano à queue Kawai (1928). Suit la fabrication d'orgues et d'harmonicas.




Koichi Kawai et son équipe du Kawai Musical Instruments Research Laboratory.


En 1935, Kawai produit 75 pianos droits et 10 pianos à queue par mois. Kawai sera, avant Yamaha, le premier manufacturier de pianos japonais à produire ses propres mécaniques, auparavant importées.




Koichi Kawai


En 1931, le Japon sous la pression de l'extrême-droite nationaliste occupe la Mandchourie et entre en guerre dès 1937 avec l'invasion du nord-est de la Chine. Kawai fabrique alors des pièces d'avions de combat et des planeurs pour l'armée du pays du Soleil-Levant.

En 1953, Koichi Kawai est le premier industriel à être honoré en recevant la médaille du ruban bleu. En 1955, Shigeru Kawai prend la tête de la société à la mort de son père Koichi, le fondateur. La concurrence avec l'autre japonais, Yamaha, ne cesse de s'intensifier. Pour prendre des parts sur le marché européen, les deux firmes vont entrer dans une démarche de dumping qui fera beaucoup de tort aux fabricants de pianos européens. Ainsi en Belgique, deux fabricants de pianos (Hanlet et Van der Elst/Gunther) abandonneront la fabrication de pianos pour vendre l'un des pianos Kawai, l'autre des pianos Yamaha. Le troisième fabricant (Van Hyfte de Gand) périclitera...




Couverture d'un catalogue Kawai, 1965.


La fabrication de pianos prend un essor foudroyant : n°1.500.000 en 1984, n°2.000.000 en 1990. Au troisième millénaire, Kawai poursuit son épopée en diversifiant son offre de pianos et d'instruments numériques. Une troisième génération, Hirotaka Kawai, est nommée à la présidence du groupe (2015).




Publicité Kawai, 2010.




Aujourd'hui, la firme Kawai est active sur deux marchés : celui des vrais pianos et celui des claviers numériques qui ne peuvent en rien être comparés pour le son et pour le toucher à un vrai piano; mais les prix de fabrication des claviers numériques sont très faibles et très rentables (pensons aux claviers numériques Yamaha vendus chez Lidl à 99,50 €). On peut regretter que sous un même nom (Kawai) soient offertes des gammes de pianos de qualité très différente : qui a-t-il de commun entre le remarquable piano à queue de concert Kawai joué au Concours Chopin de Varsovie et les modèles de pianos droits du bas de la gamme Kawai ? Il est regrettable que des vendeurs de pianos Kawai n'informent pas correctement la clientèle sur les différences entre les pianos Kawai fabriqués au Japon et les autres portant la marque Kawai assemblés dans d'autres pays.

Exemple d'information confuse :

Un piano Kawai modèle K15 est vendu par la maison X. Il est présenté comme étant un nouveau modèle de la firme d'Hamamatsu. Avec la facture de vente est fourni un catalogue Kawai mettant en valeur les modèles Kawai K1, K2, K3, etc. Le problème est important : le catalogue présente les caractéristiques des Kawai en faisant l'éloge de particularités techniques assurant la stabilité et la persistance d'un beau son. Mais tous ces éléments bien répertoriés ne s'appliquent nullement au modèle K15, contrairement à ce qui est écrit dans le catalogue fourni par le vendeur qui se réfère aux seules séries K1, K2, K3 etc. En fait, le modèle Kawai K15 :

1. n'est pas monté sur agraphes.
2. les pièces du mécanisme sont en plastique ordinaire avec les problèmes d'instabilité dans le temps que peut poser ce matériau.
3. le revêtement du clavier n'est pas celui vanté sur le catalogue.
4. le coeur des têtes de marteau n'est pas en acajou.
5. le bois de la table d'harmonie n'est pas de la même nature et sa mise en oeuvre est plus rudimentaire.
6. le barrage de l'instrument est plus simple.
7. pas de made in Japan sur la table du piano, bien sûr.

Le problème n'est pas que ce piano soit plus ou moins bon ou plus ou moins bas de gamme mais c'est l'omission que le vendeur a fait sur l'origine de l'instrument, sur son exacte construction et sur sa tradition.




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