Une brève histoire du piano


XIème siècle
Des miniatures montrent des monocordes (semblables à ceux utilisés dans l'Antiquité comme instruments de démonstration de la théorie musicale).


Joueur de monocorde au 13ème siècle.

XIème - XIVème siècle
Des textes mentionnent des monocordes avec des cordes surajoutées. Ces manichordions conduiront au clavicymbalum (= cymbalum à touches).


XVème siècle
Le cymbalum à touches conduit
  • au clavicorde (forme rectangulaire) où des petites lames métalliques fixées au bout des touches frappent les cordes.



  • à l’épinette et au clavecin (forme en aile d’oiseau préfigurant la forme du piano à queue – qui se dit en allemand : Flügel, aile) où la corde n’est pas frappée mais pincée par une « épine » comme sur une guitare par le doigt.



Vers 1700
Pantaleon HEBENSTREIT (1669-1750) développe le Tympanon proche du cymbalum et des psaltérions (instrument répandu dans l’Antiquité de la Perse à l’Egypte) en ajoutant des maillets maniés à la main. C’est le pantalon (d'après le prénom de Hebenstreit) qui contribua peut-être à l’invention du piano.


Miniature du 15ème siècle. La musicienne en bas à droite joue du tympanon.


1709
Bartolomeo CRISTOFORI crée à Florence, mais l’imagine peut-être déjà à la fin du XVIIème siècle, le premier piano connu, le Gravicembalo col piano e forte : les sautereaux du clavecin sont remplacés par des marteaux garnis de peau, qui frappent les cordes au lieu de les pincer. Le nouvel instrument permet de jouer graduellement du doux au fort.


1716
Jean MARIUS présente à l’Académie des Sciences à Paris des modèles de mécanisme pour pianoforte.


1717
Christoph Gottlieb SCHRÖTER à Dresde est considéré comme l’inventeur du mécanisme pour pianoforte avec marteau frappant la corde par en-dessous mais sans l’étouffoir.


1723
Jean-Sébastien BACH est nommé cantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig, charge qu'il gardera jusqu'à sa mort en 1750.


Eglise Saint-Thomas à Leipzig.



1726
Gottfried SILBERMANN (1683-1753), en Saxe, donne le premier au pianoforte une exploitation industrielle. Il fabriquera des pianoforte pour Frédéric II de Prusse.

Au cours des 18ème et 19ème siècles, les progrès de la métallurgie sont déterminants pour le développement du pianoforte. L’amélioration de la composition de l’acier des cordes et de leur tréfilage va permettre des tractions beaucoup plus fortes, jusqu’à 120/130 kgf aujourd’hui. De même, l’amélioration technique de la fonte des cadres en fer élabore un produit plus stable et plus résistant (25 000 kgf sur un cadre moderne). La mise en œuvre de ces forces était indispensable pour obtenir un son acceptable. On peut dire – ce qu’aucune histoire du piano ne relève clairement – que l’émergence du piano est une conséquence directe des progrès de la métallurgie en Europe.

Hauts fourneaux et usines à Seraing (Liège), vers 1852.


1742
Fabrication du premier piano carré. En anglais : square piano. En allemand : Tafelklavier. En italien : piano rettangolare. Le plus ancien témoin est signé Johann Söcher à Sonthofen (Bavière), daté de 1742, visible au Musée instrumental de Berlin.


1745
Christian Ernst FRIEDERICI, de Gera (Saxe), construit un piano pyramidal qui comprend un cordage oblique, visible au MIM à Bruxelles.


1747
Jean-Sébastien BACH joue durant son séjour à Postdam sur des pianoforte de Silbermann.


1758
Christian Ernst FRIEDERICI invente le piano carré avec des cordes parallèles au clavier. L’étouffoir actionne des baguettes garnies de drap.


1762
Johannes ZUMPE, qui a été apprenti auprès de Silbermann, construit son premier piano carré en territoire allemand. Puis il développera son activité à Londres associé à Gabriel BUNTEBART.


1762
Johann Christian BACH joue pour la première fois en concert sur un piano carré à Londres.


1768
Premier concert avec un pianoforte à Paris.


1769
Sur le territoire de la future Belgique, le piano est joué pour la première fois à Liège, alors principauté indépendante, par Jean-Noël HAMAL, directeur de la musique de la principauté.


1770
Johannes MERCKEN fait des pianoforte à Paris.


Wolfgang Amadeus MOZART renonce définitivement au clavier à sautereaux (clavecin) pour le pianoforte. Entre 1770 et 1791, MOZART livre une vingtaine de concertos pour piano dont les K. 466, 467, 491 et 503.


1771
John BROADWOOD construit son premier pianoforte en Angleterre.


1774
Emploi de l’abréviation piano pour pianoforte (1771) et piano et forte (1766). Les mots sont tirés de l’expression italienne clavicembalo col piano et forte (clavecin avec doux et fort) exprimant le fait que l’instrument peut jouer graduellement doux ou fort. Pianoforte sort d’usage au début du XIXème siècle pour réapparaître de nouveau après 1960. Piano à queue s’entend dès 1806 et piano droit est attesté à partir de 1828. Le mot pianiste date de 1806, pianoter de 1842 et pianistique de 1895…


1776
Pascal TASKIN, que Fétis fait naître à Liège, mais qui est né peut-être à Theux ou à Spa, fabrique à Paris le premier piano construit en France, à l’imitation des petits pianos anglais. En 1778, il fabrique le piano à queue conservé à la Cité de la Musique de Paris, d’apparence semblable à un clavecin., en style Louis XV. C’est le plus ancien témoin français.


Pascal Taskin
(Liège, 1723 - Paris, 1793)


1777
Johannes-Andreas STEIN (1728-1792) présente ses pianos à Mozart. Son principe de mécanique à échappement et étouffoirs sera plus tard appelé mécanique viennoise.


1777
Sébastien ERARD (Strasbourg, 1752 - Paris, 1831) construit son premier pianoforte à Paris. Il est né à Strasbourg en 1752 alors terre allemande.


1780
Joseph MERLIN, né à Huy (1735) et mort à Londres (1803), imagine de combiner les mécaniques du clavecin et du piano. Un instrument de sa main (un clavecin-piano) est visible aujourd'hui au Musée instrumental de Munich.

1783
John BROADWOOD présente à Londres un piano carré avec une mécanique à lame et une pédale de sustenuto. Les genouillères sont remplacées par des vraies pédales.


1794
Johannes Adolph IBACH (1766-1848) débute sa production à Beyenburg que son fils transférera à Barmen (Wuppertal).


1794
John BROADWOOD, à côté de ses grands pianos qui ont la forme d’un clavecin, fait des pianos carrés avec un clavier étendu de 6 octaves.


1795
Sébastien ERARD (France) invente sa mécanique à échappement simple.


1797
Sébastien ERARD construit son premier piano à queue en Angleterre.

Naissance de Franz SCHUBERT.


1800
Les premiers pianos droits sont construits quasi simultanément en Angleterre, en Autriche (Mathias MÜLLER, Vienne), et aux Etats-Unis (Isaac HAWKINS, Philadelphie).


1800
Généralisation des claviers aux touches diatoniques blanches en ivoire et aux chromatiques (dièses) noires en ébène.


1806
BEETHOVEN compose la sonate Appassionata. Peu avant il compose la sonate pour piano et violon n°7, op. 30 n°2, dédié à l'empereur Alexandre Ier de Russie


Adagio cantabile de la sonate pour piano et violon n°7.
Yehudi Menuhin dira que les premières mesures de cette partie sont parmi les plus belles.
Il admirait le jeu de George Enesco avec qui il jouait cette sonate.


1807
Ignace PLEYEL (Ruppersthal, 1757 - Paris, 1831) fonde à Paris la maison Pleyel. Celle-ci ne cessera de se développer jusqu'à son apogée au début du 20ème siècle.


Vue générale des chantiers et usine de la manufacture de pianos Pleyel, Wolff & Cie à Saint-Denis, Paris.
Extrait du catalogue Pleyel, Wolff & Cie - Facteurs de pianos, Imprimerie Adolphe Lainé, Paris, 1870, p. 9.
Collection Pianos Esther.


1809
Fondation de SCHIEDMAYER & SÖHNE à Stuttgart (Allemagne).


La fabrique de pianos Schiedmayer & Söhne à Stuttgart en 1909.
Extrait de EISEMANN, Alexander, Schiedmayer & Soehne – Hof-Pianofortefabrik – Stuttgart –
Vorgeschichte, Gründung und fernere Entwicklung der Firma –
1809 - 1909, E. Schreiber, Stuttgart, s. d. [c. 1909].
Collection Pianos Esther.


1810
La facture des pianos droits, dans tous ses aspects (meuble, mécanisme, etc.), s’inscrit en réel précurseur des pianos droits modernes actuels. Notamment avec Robert WORNUM (Londres).


1810
Sébastien ERARD crée le pédalier du piano à queue toujours présent sur les pianos modernes. Le pédalier rend obsolète les genouillères. Un alignement se fait sur deux pédales : la gauche pour l'una corda et la droite pour le forte.


1813
Henri PAPE (Hannovre, 1789 - Asnières, 1875), facteur allemand installé à Paris, utilise des cordes filées de cuivre.


Le trait de cuivre enroulé sur l'acier alourdit la corde, ce qui permet d'abaisser
fortement sa fréquence de vibration pour une longueur et une traction identiques.


1818
Fondation de la fabrique de pianos Irmler à Leipzig.


Vue de la fabrique J. G. IRMLER à Leipzig, vers 1892.
Collection Pianos Esther.


1820
ALLEN en Angleterre utilise un assemblage de barres de fer pour renforcer la structure de ses pianos.


1823
Sébastien ERARD met au point la mécanique à double échappement qui permet la répétition rapide d’une même note. Ce procédé assouplit également l’action de la touche sur le marteau par l’engagement de pièces intermédiaires ce qui a pour effet un contrôle accru du jeu pianistique qui permet la virtuosité. Cette mécanique est le modèle des pianos à queue modernes d’aujourd’hui.


La mécanique à double échappement de Pierre Erard a été
présentée pour la première fois à l'exposition de Paris de 1823.
Elle est demeurée le fondement de la mécanique utilisée aujourd'hui.


Fondation de CHICKERING à Boston (U.S.A.). Johann (Jonas) Chickering (1798-1853) s'est formé dans les ateliers de Benjamin CREHORNE à qui l'on attribue la construction du premier piano en Amérique.


1825
Alpheus BABCOCK (Etats-Unis) utilise un cadre en fonte d’une seule pièce.


1826
Henri PAPE, à Paris, introduit l’emploi de feutre (laine de mouton) pour recouvrir les têtes des marteaux.


L'invention géniale de Pape a donné lieu à la production de têtes les plus diverses :
âmes en bois de hêtre, d'acajou, de palissandre ; avec sous-couche ou couches multiples ; imprégnées...


1827
Henri PAPE utilise des cordes en acier trempé permettant une plus grande force de traction.


1828
Henri PAPE invente le système des cordes croisées qui améliore la stabilité mais surtout le son car cela permet un meilleur positionnement des chevalets sur la table d'harmonie.


1828
Alpheus BABCOCK (Etats-Unis) construit le premier piano carré avec un cadre métallique d’une pièce à cordes croisées.


La fonction du cadre en fonte, de formes très diverses, est de compenser la force de traction des cordes.

1831
Jean-Georges KRIEGELSTEIN fonde sa fabrique à Paris qui sera transférée en 1897 dans l'Oise à Droittecourt. Après avoir fabriqué 25 700 pianos, la fabrique ferme ses portes en 1930.


La fabrique de pianos Kriegelstein et Compagnie à Droittecourt dans l'Oise. Vers 1900.
Collection Pianos Esther.

1833
Pierre ERARD modernise le double échappement inventé par Sébastien ERARD et en dépose le brevet. Le système équipera bientôt les pianos de par le monde.


César FRANCK sort du Conservatoire de Liège. Ses variations symphoniques pour piano et orchestre datent de 1885.


1834
WEBSTER (Angleterre) utilise la corde de piano en acier résistant.


La corde de piano en acier résistant fabriquée et tréfilée par Röslau (Allemagne)
depuis 1882 s'est imposée dans le monde.


Les fournisseurs de cordes de pianos ont parfois
fait preuve d'imagination comme ici avec un papier buvard
de J. Bol, Bruxelles, datant des années 1950.
Collection Pianos Esther.


1835
Henri STEINWEG fabrique son premier piano dans un atelier de Seesen dans le Harz (Allemagne). Henri STEINWEG part à New York et y fonde en 1853 la fabrique STEINWAY. Théodor STEINWEG, un de ses fils, poursuit la production en Allemagne (GROTRIAN-STEINWEG). En 1880, Henri Steinway, qui a américanisé son nom, ouvre une deuxième usine à Hambourg pour le marché européen.


1837
Wilhelm KNABE, immigré d'Allemagne, prend comme prénom William et fonde à Baltimore (U.S.A.) sa fabrique. Ses productions concurrencent aux Etats-Unis celles de Chickering et Steinway. Série de publicités parues dans la presse new-yorkaise entre 1916 et 1918 : cliquez ici.




1839
Au cours de l'été 1839, sur l'île de Majorque, Frédéric CHOPIN écrit à Fontana, son ancien condisciple du Conservatoire de Varsovie : “ Je compose ici une Sonate en si bémol mineur, dans laquelle sera la Marche funèbre que tu connais (...) ” Universellement célèbre, elle fut exécutée à la Madeleine lors des funérailles de Chopin.


Extrait de l'opus 35.


1843
Fondation de la fabrique HÖLLING & SPANGENBERG à Zeitz.


Vue de la fabrique de pianos Hölling und Spangenberg à Zeitz
in Illustrirte Zeitung, n°681, du 19 juillet 1856, p. 48.
Collection Pianos Esther.


1843
CHICKERING dépose le brevet d’un cadre métallique d’une seule pièce pour piano à queue.


1844
Henri PAPE construit le premier piano à queue à huit octaves. Le premier piano, celui de CRISTOFORI en 1709, a 49 touches, soit 4 octaves. En 1775, la tessiture passe à 5 octaves ; à 5 ½ octaves en 1800 ; à 6 octaves en 1810 et vers 1840 à 7 octaves càd quasi la tessiture actuelle ( 7 1/3 octaves soit 88 notes).


1844
Jean-Louis BOISSELOT (France) invente la pédale tonale.


1845
Le concerto pour piano et orchestre en la majeur, op. 54, de Robert SCHUMANN est joué pour la première fois à Leipzig.


Début du concerto pour piano avec accompagnement d'orchestre de Robert Schumann.


Carl RÖNISCH débute sa production à Dresde qui sera transférée ultérieurement à Leipzig.


Vue de la fabrique Carl Rönisch à Dresde, vers 1892.
Collection Pianos Esther.


Jacques-Nicolas GÜNTHER, né à Wertheim (1822), d'origine allemande, fonde la firme bruxelloise qui cessera sa propre production en 1963.


1847
Fondation de GAVEAU – Paris.

La manufacture des pianos Gaveau à Fontenay-sous-Bois, 1899.
Extrait de La vie illustrée - Journal hebdomadaire, 27 avril 1899.
Collection Pianos Esther.


Mort de Félix MENDELSSOHN.

Touché par la mort inopinée de son ami, Robert Schumann compose une page en souvenir. En voici les premières mesures.


1853
Carl BECHSTEIN (Gotha, 1826 - Berlin 1900), après avoir travaillé chez PAPE et KRIEGELSTEIN à Paris, installe son usine de pianos à Berlin.


Fondation de la fabrique de pianos Julius BLÜTHNER (Falkenhain, 1824 - Leipzig 1910) à Leipzig.


Plaque de cuivre repoussé décorant le couvercle supérieur d'un piano droit Blüthner, n° 14841 (1876).
On y remarque à la fois les médailles obtenues à l'occasion du centième anniversaire de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique,
de l'Exposition universelle de Paris (1867) avec en revers l'effigie de Napoléon III, empereur
et de l'Exposition universelle de Vienne (1873) avec en revers l'effigie de l'empereur François-Joseph d'Autriche.
Cliquez ici pour un agrandissement


Fondation de la firme STEINWAY & SONS à New York par Henri STEINWEG.


Vue de la fabrique de pianos Steinway & Sons sur Park Avenue à New York.
Extrait du catalogue Steinway & Sons. New York - London - Hamburg, 1898.
Collection Pianos Esther.

1855
POEHLMAN (Allemagne) crée sa fabrique de cordes de piano en acier résistant.


1859
August FÖRSTER (Oberseifersdorf, 1829 - Löbau, 1897) ouvre un premier atelier à Löbau en Saxe (Allemagne) et s’étend en 1884 à Georgswalde en Bohème (devenue Jirikov, Tchéquie).


Arrivée d'une bille de chêne à la fabrique de pianos August Förster à Löbau.


1859
STEINWAY fait breveté son premier piano à queue à cordes croisées. La production aux Etats-Unis est importante avec BALDWIN, CHICKERING, KNABE, KIMBALL, GEORGE STECK, etc qui se mesurent à STEINWAY.


     
En 1891, Chickering s'honore des plus hautes distinctions.
La médaille qu'il obtient à l'Exposition universelle de Paris 1889 le place devant tous ses concurrents.
Wilhelm Knabe comme Henri Steinweg (Steinway) est originaire des territoires allemands (publicité de 1898).

1865
Ernst KAPS (Dresde) réduit le piano à queue à 1m 35.


1866
Carl RÖNISCH (Saxe) développe le premier cadre en fonte blindé complet à cinq brides qui est le cadre de référence utilisé aujourd’hui dans la fabrication des pianos à queue.


Cadre en fonte d'un piano Rönisch anno 2005.

1873
Le système Aliquot est breveté par BLÜTHNER (pour améliorer le son dans le registre aigu, une quatrième corde, qui n'est pas frappée par le marteau, sonne par sympathie).


1874
Hermann Franz FLEMMING fonde à Leipzig sa fabrique de mécaniques de pianos droits et à queue.


En-tête de facture, vers 1900.
Collection Pianos Esther.

1884
Fondation de Zimmermann à Mölkau près de Leipzig.


Les fabriques de Zimmermann : à Eilenburg (1904), à Dresden-Cotta, et à Seifhennersdorf (1911).
Papier calque publicitaire, vers 1925.
Collection Pianos Esther.

1885
Fondation de Schimmel à Leipzig.


En-tête de lettre, 1930.
Collection Pianos Esther.

1887
La fin du XIXème siècle voit l'industrie du piano atteindre à un de ses plus hauts degrés de perfection. BLÜTHNER à Leipzig est l'exemple d'une fabrication de haut vol totalement maîtrisée. Toutes les parties du piano sont prises en charge par la fabrique. Datant de 1887, des gravures des ateliers de fabrication, illustrent avec bonheur cette apogée. Pour voir la suite de ces gravures : cliquez ici.


Vue de la manufacture de pianos Julius Blüthner (1887).
Collection Pianos Esther.

1889
Quasi-fin de production des pianos carrés déjà presque complètement remplacés par les pianos droits vers 1860 en Europe. Ce n’est qu’en 1889 que STEINWAY fabrique son dernier piano carré à New York...


Piano table américain typique Bradbury de New York (1872).

1890
Claude DEBUSSY compose la Suite Bergamasque qui comprend Clair de Lune.


1892
La dernière période du XIXème siècle voit la création de beaucoup de petites fabriques de pianos. Il en va par exemple ainsi de l'usine DE HEUG à Charleroi.


1895
Pleyel fabrique un piano-double de concert à 2 claviers en vis-à-vis de 2m 45.



1900
L’Allemagne possède plus de 435 fabriques de pianos. Les manufactures sont en plein développement. A cette époque, des pianos exceptionnels sortent des grandes fabriques. Aucune restriction ne limite le but fixé, à savoir atteindre la plus grande qualité. Ainsi ce modèle de Julius Blüthner : cliquez ici pour en savoir plus sur ce piano.


Piano droit Blüthner, n° 95 859, fabriqué en 1910.
Photo collection Pianos Esther.



En-tête de facture de la fabrique Julius Blüthner, 1908.
Collection Pianos Esther.

1900
Les meubles de pianos s'imprègnent du style Art nouveau. Un exemple exceptionnel est donné par le piano Pleyel demi-queue (1901), dont meuble, en bois de padouk, dessiné par l'architecte et décorateur liégeois Gustave Serrurier Bovy présente des sculptures d'Oscar Berchmans et des peintures d'Emile Berchmans.

En 1907, les pianos Pleyel fêtent leur centième anniversaire.



Piano à queue Pleyel dessiné par l'architecte et décorateur liégeois Gustave Serrurier-Bovy, 1901.
Visible dans les Collections du Grand Curtius à Liège.


1908
Pièces pour piano op. 19 d'Arnold SCHÖNBERG, une de ses toutes premières oeuvres atonales.


1910
Expansion des pianos mécaniques à rouleau. HUPFELD développe l’impressionnante fabrique de Böhlitz-Ehrenberg près de Leipzig.


Vue de la fabrique Hupfeld Phonola à Leipzig.
Carte postale - collection Pianos Esther.


1913
La première du Sacre du printemps de STRAVINSKY a lieu à Paris au Théâtre des Champs-Elysées avec les Ballets russes de DIAGHILEV. Vaslav NIJINSKY est le danseur virtuose.

1922
GAVEAU ouvre une succursale à Bruxelles, rue Royale.

 
Extrait du catalogue GAVEAU - PARIS de 1924.
Collection Pianos Esther.


1924
George GERSCHWIN compose la Rhapsody in Blue.


1926
Bechstein installe son nouveau magasin d'exposition dans la Haus am Zoo sur la Budapester Strasse en face de la Kaiser-Wilhelm Gedächtniskirche à Berlin.

Devanture du magasin Bechstein sur la place de la Kaiser-Wilhelm Gedächtniskirche à Berlin.
Extrait de Das Bechstein Bilderbuch - 1853-1928 - 75 Jahre Bechstein, 1928.


La place de la Kaiser-Wilhelm Gedächtniskirche à Berlin, 1928. On aperçoit le magasin Bechstein à gauche du portail de l'église.
Extrait de Das Bechstein Bilderbuch - 1853-1928 - 75 Jahre Bechstein, 1928.


1929
Pierre LEGRAIN dessine pour la manufacture Pleyel un piano dont le meuble combine le cuivre doré et le verre. Ce piano, doté d'un mécanisme automatique à rouleaux Pleyela, habita l'hôtel particulier de l'avenue Montaigne de Pierre Meyer et fut présenté en 1929 à l'Exposition « Les Cinq » à la Galerie La Renaissance.


Pleyel dessiné par Pierre Legrain, 1929.


1930
L’âge d’or de la facture du piano atteint la perfection.

Fabriques et bâtiments administratifs du groupe Rönisch-Hupfeld-Zimmermann.
2300 personnes y travaillent et plus de 200 000 instruments y ont été fabriqués en 1930.
Trois enseignes remarquables : en haut, Carl Rönisch - Dresde / en bas à gauche, GZL - G. Zimmermann - Leipzig / en bas à droite, Hupfeld.
En deuxième position, le site de Seifhennersdorf devenu le lieu de production central de Bechstein.
En position centrale, le site de Böhlitz-Ehrenberg où sont élaborés aujourd'hui les pianos Rönisch.
Carte postale de 1930 - collection Pianos Esther.

Fabrication du piano électrocorde par Förster en 1932. Le numéro 75500 fabriqué en 1938 est visible au Musée instrumental de Munich.

Electrocorde de Förster - 1932.


1931
Première du Concerto pour la main gauche de Maurice RAVEL.

1937
PLEYEL présente, à l'Exposition internationale de Paris (1937), un piano monopode construit sur les dessins de Paul Follot.


Piano monopode construit par Pleyel sur les dessins de Paul Follot. Il fut créé pour le paquebot Normandie.
Extrait du catalogue Pleyel, Paris, 1937.
Collection Pianos Esther


1951
SCHIMMEL présente en 1951 un prototype de piano à queue transparent en plexiglas. Cette première mondiale ne tient curieusement pas compte du piano en verre et cuivre de Pierre Legrain (Pleyel, 1929). Ce prototype fut à la base du célèbre piano à queue Schimmel en plexiglas qui eut une longue carrière et est toujours au catalogue de la maison de Braunschweig.


Piano quart-queue Schimmel en Plexiglas, 1951.
Extrait de GOEBEL, Josef, Grundzüge des modernen Klavierbaues, Fachbuchverlag GmbH Leipzig, 1952..
Collection Pianos Esther.


1960-1990
Développement des fabrications japonaises YAMAHA, KAWAI, TOYO etc. (un piano carré japonais était présent à l’Exposition universelle de Paris - 1867), coréennes et chinoises qui se déversent sur le marché européen. L'uniformité et le "manque d'âme" de ces productions posent problème encore aujourd'hui...


1970
La faillite de la firme PLEYEL, qui a englobé GAVEAU et ERARD, entraîne la fin de la facture française du piano. Elle reprendra péniblement à Alès (Provence) avec la marque RAMEAU (1975). Vers 2000, un milliardaire français achète la marque PLEYEL et l’usine d’Alès en difficulté. Une nouvelle production est mise en route : on regrettera que bien que n'ayant aucun lien avec l'ancienne production Pleyel, qui a fermé ses portes depuis plus de trente ans, la publicité fait une référence directe à la longue tradition de Pleyel.


1989
Suite à la réunification allemande, le plus grand producteur européen de pianos DEUTSCHE PIANO UNION (Leipzig) est démantelé.


1990
Les mesures de protection des éléphants africains sonnent la fin définitive des claviers recouverts d’ivoire.


Découpe d'une défense d'éléphant - 19ème s.

1998
BECHSTEIN quitte Berlin pour Seifhennersdorf près de Leipzig et s'installe dans les usines Zimmermann. Le groupe Bechstein, qui a des liens financiers avec le coréen Samick (2OO2), développe les marques Zimmermann, Hoffmann et Euterpe (ces deux dernières n'étant pas fabriquées en Allemagne).


2000
Il se fabrique plus de pianos en une seule année dans le monde qu'au cours de tout le XIXème siècle.


2007
Le plus grand piano à queue jamais construit.
En 1936, CHALLEN de Londres construisait la plus grand piano à queue : 3,56 m de long. 70 ans après un nouveau record est établi par David RUBENSTEIN (Californie). Cadre en acier soudé. Mécanique Renner. Poids : 1136 kg. 97 touches. Longueur : 3,71 m.


Le piano à queue de David Rubenstein, 2007.




Retour     Accueil

Carte du site