C'est par hasard qu'Edmond Hautrive se retrouve propriétaire d'un petit atelier de pianos en 1887. Poursuivant la finition de quelques pianos en chantier avec des ouvriers qu'il fait venir de Paris, il est pris par le virus de la facture de pianos et c'est ainsi que la Maison Hautrive est fondée en 1887.
L'histoire de la Maison Hautrive est lancée. S'entourant de collaborateurs compétents, Edmond Hautrive mène la firme de succès en succès : médaille de bronze à l'exposition universelle de Paris 1900, médaille d'or à l'exposition universelle de Liège 1905, les distinctions s'enchaînent. Entre 1926 et 1936, la cadence de fabrication est à son meilleur niveau.
En 1935, naît le projet d'élaborer un piano à queue de concert. Ce piano sera pris pour le concours Eugène Ysaÿe de 1938 ("1er" concours de piano devenu le Reine Elisabeth). Hautrive équipe aussi en pianos la Chapelle musicale Reine Elisabeth et le nouveau siège de la radio belge de la place Flagey (Grand Studio de l'I.N.R.).
A cette époque, quelques instruments de style Art déco très épuré sortent des ateliers Hautrive alors installés rue Royale à Bruxelles.
Un des fils d'Edmond Hautrive, qui était très actif dans la fabrique, meurt en 1945. La firme poursuivra son activité avec une direction familiale. Mais, lentement, la production se tarit et laisse la place au commerce de marques étrangères (Grotrian-Steinweg, Petrof...) En 1960, ce n'est plus qu'une petite vingtaine de pianos qui est produite et à ce jour la firme n'existe plus.






A l'époque, des firmes de pianos n'hésitaient pas à s'investir dans un système de commissions vers les professeurs qui servaient en quelque sorte de rabateurs. Le système était particulièrement malheureux parce que totalement oculte et la transaction se faisait dans l'ignorance complète de l'acheteur. Celui-ci était donc orienté moins en fonction d'un bon achat pour lui que d'une bonne commission pour le "conseilleur". Le système perdura de très longues années et continue encore aujourd'hui avec quelques maisons de vente de pianos qui restent très à l'écart d'un comportement éthique.










