J. Günther



Originaire de Franconie, Jacques-Nicolas Günther ouvre en 1845 un atelier à Bruxelles. Le succès est là et la réputation suit avec l'exportation de pianos au Chili et l'obtention d'une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris de 1867. Fétis en parle en ces termes : "M. Günther, de Bruxelles, intelligent et habile fabricant de pianos, a fait aussi une heureuse application du système des cordes croisées, non dans le grand piano, mais dans les pianos dits obliques. Ses dispositions ne sont pas celles de MM. Steinway, dans les pianos de même espèce ; son éventail est plus ouvert, parce qu'il donne à sa table d'harmonie plus de largeur. L'écartement des cordes favorise le développement des vibrations, et la sonorité des instruments construits par ce facteur a une puissance qui surpasse celle des meilleurs pianos obliques de l'ancien système."

Günther accumule les distinctions internationales : médaille de 1ère classe à l'Exposition de Sydney, à l'Exposition internationale d'Amsterdam de 1883, hors concours à l'Exposition universelle de Liège de 1905 etc. La firme bruxelloise multiplie les innovations parmi lesquelles le piano à queue symétrique (1910, le couvercle s'ouvrant à gauche ou à droite). La maison Günther prend la première place en Belgique. Les pianos à queue entrent au Conservatoire de Bruxelles, de Liège, d'Anvers etc. Günther passe alors (1921) aux mains de Louis Anthonis qui en était le directeur technique depuis 1901. Quelques instruments sont réalisés avec des meubles de très bonne qualité dans les styles Louis XVI, Art nouveau au encore Art déco. Dans les années vingt la fabrication Günther culmine : beau placage de palissandre, bel ivoire, sonorité chaude et claire.

En 1953, les frères Vanderelst reprennent à leur tour la firme. Mais ils n'adaptent pas Günther aux nouvelles conditions économiques de l'après-guerre. Etouffé par la préférence que les Vanderelst, commerçants et petits capitalistes, donnent à l'importation de pianos d'Extrême-Orient au dépend de la fabrication belge, Günther arrive à la fin de son aventure. La production cesse complètement au début des années 60. Derniers outrages, Günther apparaît encore en "fausse marque" appliquée sur des pianos d'origine anglaise et chinoise... La marque commerciale J. Gunther reste une propriété de droit privé. Elle va servir de faire-valoir à l'une ou l'autre fabrication asiatique. Récemment la société chinoise Shanghai Artfield Piano Company Limited exposait un ensemble de pianos J. Gunther / J. Gunther & Sons à la Foire de la musique de Francfort sur le Main.

Depuis sa fondation, Günther a fabriqué une trentaine de milliers de pianos dont la moitié de 1900 à 1932.




Première médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris 1867.
Piano droit J. Günther n°3548 (année 1876).
Décalcomanie sur la table d'harmonie.
Collection Pianos Esther.



Coupe des parties boisées supérieures d'un piano droit J. Günther n° 4652, année 1881.
Collection Pianos Esther.



Papier d'adresse du piano J. Günther dont la coupe du sommier apparaît ci-dessus, n° 4652 (1881).
Collection Pianos Esther.



Chemin de clavier J. Günther, vers 1895.
Collection Pianos Esther.



Plaque de renforcement en fonte marquée J. Günther, 1899.


 
Médaillon estampé et papier d'adresse, 1899.



Barrage du piano Günther n°12237, 1899.


 
Ecusson armorié J. Günther (n°17032, vers 1913) - Plaque de renforcement en fonte mentionnant l'Exposition universelle de Liège 1905.


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Piano Gunther n°23396 (1928) en bois de placage de palissandre et vue de son barrage en triangulation et de sa table d'harmonie.



Barre d'adresse de 1928 (n°23396).


 
Marque de fabrique coulée dans le cadre en fonte avec le numéro de série peint.



En-tête de facture Odéola, 1929.
La firme Günther représenta les systèmes de pianos pneumatiques Odéola (confer phonola, pianola, etc.)
à son adresse de la rue Thérésienne à Bruxelles.
Collection Pianos Esther.


     
Devantures de la Maison Van Hoeck / Van der Elst succ. Van Hoeck / Van der Elst (située au n° 76 rue de Brabant à Bruxelles).
Les photographies présentent la même bâtisse ; la devanture, à droite, a été modernisée vers 1930.
Carte Postale, s.d. / Photographie extrait de la brochure Blüthner 1853-1953.
Collection Pianos Esther.



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