
1847 est l'année de l'installation de Joseph-Gabriel Gaveau (1824-1893) dans son magasin à Paris, rue Taitbout n°10. La petite fabrique se trouve alors rue des Amandiers n°24. 1847 est considérée comme l'année de la fondation de la marque Gaveau : de bons pianos, construits dans la tradition française d'Erard et de Pleyel, dont l'histoire va courir sur plus de 150 ans. L'atelier va être rapidement déménagé rue des Vinaigriers.

Sous la baguette du fondateur, les pianos Gaveau se développent. Les magasins de vente et les bureaux sont transférés boulevard Montmartre, n°14, tandis que les ateliers se développent dans le quartier du Prince Eugène, rue Servant, n°47. En 1867, la maison Gaveau édite un des plus vieux prix courants de pianos de maisons françaises connu à ce jour.

Les fabrications de pianos Gaveau accumulent les distinctions aux expositions internationales. A la médaille de bronze (Paris - Exposition universelle 1855) succède la médaille d'argent (Paris - Exposition universelle 1867) qui prend par la suite la couleur de l'or à l'Exposition universelle de Paris - 1889. Puis la maison est honnorée de diplômes d'honneur (Hanoï, 1903 - Liège, 1905) et de participations comme membre du jury - hors concours.





33 000 pianos sont produits à l'aube du XXe siècle et près du double de 1900 à 1930 pour atteindre 115 000 pianos fin 1967 quand Gaveau ne deviendra plus qu'une "marque" mise sur des pianos fabriqués par Schimmel à Braunschweig.
A la mort de Joseph-Gabriel Gaveau, la société Gaveau Frères est fondée par ses six enfants. Deux s'en retirent rapidement. Un troisième, Augustin montera sa propre affaire Augustin Gaveau, maison fondée en 1911. Les trois autres poursuivront de commun accord. L'usine moderne de Fontenay-sous-Bois sera construite en 1896. Elle emploiera 350 ouvriers et sortira près de 2 000 pianos par an.


Des agences générales de prestige sont ouvertes à Londres et à Bruxelles. L'immeuble de la rue Royale à Bruxelles cotoye la succursale des pianos Pleyel.

Etienne Gaveau, qui s'occupe de l'administration de la société, règne sur le nouveau siège social bâti en 1906 rue de la Boétie n°45 et 47 à Paris. En 1907, une grande salle de concert y est adjointe : la célèbre salle Gaveau, où le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a inauguré son quinquenat en 2007 (architecte Jacques Hermant).







En 1908, un incendie sinistre la fabrique de Fontenay-sous-Bois. Gabriel et Etienne Gaveau ne s'entendent pas sur la conduite de l'entreprise. Elle est reprise par Etienne, tandis que Gabriel s'établit à son nom avec sa propre fabrication en 1911. Trois fabrications différentes cohabitent dans le grand Paris des années 1910-1920 : Gaveau — Augustin Gaveau — Gabriel Gaveau.
Chacune des trois "Maisons" va suivre un cours propre.
• Augustin Gaveau s'adonne à des pianos droits avec des ébénisteries raffinées. La firme s'éteindra avec Augustin.
• Gabriel Gaveau, dont le siège est avenue de Malakoff et l'usine à Boulogne-sur-Seine, assouvit ses idées créatrices et son propre style, notamment avec le petit queue crapaud au dessin élégant et à l'ébénisterie recherchée. Il fabriquera aussi des phonola et des radios. Son fils Jean lui succède à sa mort en 1935. Pendant la guerre, l'usine est réquisitionnée par l'armée allemande. Les archives sont dispersées. Après la guerre, la société Klein terminera les pianos qui étaient en cours de construction et Jean Gaveau tournera la page.





• La société Gaveau d'origine poursuivra avec Etienne. La firme sort son n°68 000 en 1921. Des modèles spéciaux, renforcés pour les climats humides ou tropicaux, pour les transports en bâteau, ou encore des modèles de pianos démontables pour les régions d'accès difficile sont élaborés et participent à la diffusion mondiale de la marque française.




L'Exposition internationale des Arts décoratifs et indutriels modernes (Paris, 1925) sera un climax de l'histoire de Gaveau, un état idéal d'équilibre d'une production large et maîtrisée qui offre à la demande des meubles exclusifs, dessinés par des architectes-décorateurs tels que : Berst, Maurice Dufrène, Groult, Paul Poiret, Jacques-Emile Ruhlmann, Sue et Mare, Sognot.




Vers 1930, Marcel et André Gaveau, fils d'Etienne, devant les difficultés que rencontre Gaveau, lanceront la fabrication de petits pianos, solides et bon marché, avec la marque MAG (Marcel et André Gaveau). Etienne décède en 1943. La suite est une lente agonie... En 1960, Gaveau fusionne avec Erard et Pleyel et en 1967, c'est la faillite...
Gaveau subsistera comme marque appliquée dans des pianos fabriqués par Schimmel de Braunschweig (Allemagne) et par Rameau à Alès (France). Puis le nom sera repris par le repreneur de Rameau et le fondateur de la nouvelle société Pleyel 1997-200-.


Depuis lors, le nom est en sommeil.