L'uniformisation, la désinformation, le monopole, voici ce qui s'oppose à une culture de la diversité, de la richesse, de la démocratie.
Des intérêts matériels forts lient beaucoup de concours de piano à tel fabricant ou tel fournisseur de pianos. Le Concours Reine Elisabeth et la Chapelle musicale Reine Elisabeth n'échappent pas à ce jeu et y apportent beaucoup de bonne volonté. Ces liens, qui ont des implications financières, sont scellés dans des contrats ou des accords d'agrément qui ne sont pas rendus publics. Par contre, les formes de publicité ou de réclame qui en sont la contrepartie débordent sur les écrans de télévision, les radios, Internet, ainsi qu'indirectement dans une partie des commentaires et des illustrations que les média font sur le Concours de piano Reine Elisabeth. Lorsque le financement est largement public, cette situation devient intolérable si l'information n'est pas complète, notamment sur les flux d'argent ou d'avantages divers...

Les premiers concours de violon et de piano ne s'appelaient pas Reine Elisabeth mais Eugène Ysaye. N'aurait-il pas été préférable de garder le patronage du génial violoniste liégeois, connu internationalement, sorti du petit peuple du quartier Sainte-Marguerite sur le rive gauche de la Meuse, plutôt que de parer le concours d'un nom que beaucoup relie... à la Reine d'Angleterre !
Lors des premiers concours de piano Ysaye (Reine Elisabeth), les pianos étaient fournis par la renommée fabrique de pianos bruxelloise HAUTRIVE. Les premiers lauréats eurent de bien belle carrière (David Oïstrakh, Emil Gilels...). Le rôle d'entonnoir du concours d'aujourd'hui, qui élimine les caractères artistisques les plus affirmés pour valoriser plutôt un jeu uniforme, n'existait pas alors, ni pour les concurrents, ni pour les pianos... La Chapelle musicale Reine Elisabeth fut dotée à l'origine de pianos Pleyel de Paris : prodigieux instruments que la fabrique parisienne élaborait alors en Seine-Saint-Denis. Ces pianos, plutôt que d'être soigneusement conservés et restaurés (ce qui aurait été une belle économie), furent jetés à la poubelle (où ?) et remplacés par des... Yamaha de série qui y trouvent leur compte sonnant et trébuchant puisque bien peu de reportages TV à la Chapelle musicale Reine Elisabeth n'évitent de faire la réclame de cette marque par image bien tournée (les producteurs, réalisateurs, cameramen semblent bien naïfs. En Allemagne, on met des caches si la publicité est intempestive) !

Après la guerre, autour des années 50, avec le plan Marshall des U.S.A., la domination du trust américain C.B.S. (qui possédait Steinway et une grande partie du marché du disque) mena doucement à la monopolisation de Steinway sur beaucoup de scènes européennes au détriment des grandes fabrications européennes qui faisaient sonner leur richesse et leur diversité à Paris (Pleyel, Gaveau), à Berlin (Bechstein), à Leipzig (Blüthner) sans oublier Förster, Steingräber, Grotrian-Steinweg, etc. L'uniformisation qui en résulta, notamment en Belgique, s'oppose aux principes de la liberté et de la démocratie qui supposent de protéger et de promouvoir la diversité et la concurrence qui sont les garants d'un développement enrichissant, notamment sur le plan artistique. Mais, pour reprendre une récente expression du cinéaste Jean-Luc Godard "les américains sont venus en 1945 pour assurer l'indépendance de l'Europe en s'assurant de sa dépendance".
Posons quelques questions et donnons quelques indications dans un désordre plein de poésie, d'humour, et de soif de ne pas mourir idiot !
L'article qui suit confirme bien que ce sont des centaines de milliers de cibles publicitaires potentielles qui sont atteintes. La mise en valeur des logos publicitaires touche incontestablement à des intérêts financiers.

Tout ceci conforte à enrichir cette page, d'un concours à l'autre... Nous serions heureux que les lecteurs de cette page nous envoient les informations dont ils disposent où les questions qu'ils voudraient voir aborder. Message à : info@pianosesther.be.

La lettre suivante datée du 25 mai 2010 reçue des hautes sphères de la RTBF se situe entre Tartuffe et Machiavel : ce sont désormais les caméras de la... VRT (télévision flamande) qui promotionne la firme Maene originaire de Flandre occidentale. La RTBF n'a donc aucun rôle dans cette affaire... Elle n'est ni productrice, ni réalisatrice, ni programmatrice, ni diffuseur, ni compagne d'Arte-Belgique ! On verra pour le prochain concours ce qu'écrira la médiatrice de la RTBF !

Bilan du Concours de piano Reine Elisabeth 2010 :

Voici une opinion parue dans la LLB du 31 mai 2010 au lendemain de la proclamation du Concours. A méditer !
