1er exemple : cas précis où il y a une tromperie sur le prix de référence. La valeur CATALOGUE d'un piano du même type à ce jour (2010) n'est pas de 44.400 € comme indiqué dans l'annonce mais bien de 32.000 € (TVA incluse). De plus ce prix catalogue est largement négociable lors de l'achat (voir les offres sur le marché allemand). Ce piano qui a 7 ans a été acheté en 2003 vraisemblablement aux environs de 20.000 € + 21% de TVA. Splendide affaire ?

2er exemple : dans ce cas, l'annonce fait miroiter un prix promotionnel de 9.900 € en référence à un prix neuf de 75.000 € (la différence est tellement énorme que l'on croit rêver)... En fait, il n'y a pas de comparaison réaliste possible de prix commercial entre un modèle B de C. Bechstein de 1907 et les prix des modèles d'aujourd'hui.
De plus, en dehors de la centaine d'années d'écart, les modèles d'aujourd'hui ne sont pas comparables avec les modèles anciens quelque soit leur qualité.
De plus, on note aussi que la possibilité d'échanger le piano pendant 3 années, avec récupération complète du montant payé à l'achat relève d'une proposition pleine d'aléas (pour le remplacer par quel piano ?, à partir de quelle valeur ?, le prix d'achat de ce nouvel instrument est-il avec toutes les remises comprises ?, etc.). Ici, sont réunis tous les éléments pour faire une deuxième mauvaise affaire.

3ème exemple : trois problèmes peuvent être soulevés dans le cas qui suit :
1) Que contient exactement la garantie Pro 10 ans ? Rien n'est spécifié précisément à ce sujet : s'agirait-il d'une garantie de satisfaction complète (satisfait ou remboursé) ?
2) Le prix catalogue est surfait : sur des sites professionnels français, on retrouve le même piano à des prix promotionnels nettement plus bas.
3) La provenance est passée sous silence : il faut savoir que les pianos Kieffer n'ont rien d'allemand malgré la consonnance allemande du nom. C'est la marque commerciale d'un importateur-distributeur français. Elle recouvre actuellement des pianos d'entrée de gamme fabriqués en Chine.

4ème exemple : il s'agit d'un faible piano qu'il vaut mieux ne pas acquérir. Notre commentaire ici sera très ferme. Pour un prix moitié moindre, on peut avoir un piano droit d'une qualité supérieure et beaucoup plus fiable. De plus, on constate que le prix affiché par le réseau de distribution français est sur leur site Internet de 7 290 €. Le prix offert sur l'annonce que nous jugeons trompeuse est donc un prix à perte. Pourquoi vendre trois pianos à perte s'ils sont valables. En fait, on cumule dans cet exemple deux problèmes : une mauvaise qualité alliée à un prix de départ anormalement élevé.
D'un point de vue strictement économique, il faut décompter des 5 000 € :
- 21 % de TVA.
- les frais de commercialisation du magasin.
- les frais de transport d'arrivée au magasin.
- les frais de livraison au client.
- en plus, l'annonce fait part d'une préparation du piano par un "technicien d'expérience"...
5ème exemple : cas très classique où l'indication de la provenance du piano est falsifiée. Le fait de souligner qu'un piano a une origine allemande apporte une plus-value considérable et en plus un sentiment de confiance. Dans le cas repris ici, les instruments ne sont en aucun cas fabriqués en Allemagne mais pour l'essentiel ou en totalité en Pologne et en Chine (comme cela est indiqué tout à fait explicitement sur le site Internet de la firme Schimmel).

6ème exemple : cas où l'incompétence se marie à la malhonnêteté. Le piano n'a absolument rien à voir avec la fabrication des pianos Thürmer à Bochum, à l'époque en Allemagne de l'Ouest. Le piano est en fait un piano fabriqué par la manufacture Gebr. Niendorf à Luckenwalde (Berlin, Allemagne de l'Est). La présentation de l'instrument est ici erronée, mais concourre bien sûr à le valoriser. Quant à son âge, il est supérieur à vingt ans... L'histoire complexe de la firme Thürmer facilite ce genre de comportement.

7ème exemple : voici le comble d'une présentation malhonnête, car il n'est pas possible que le vendeur ne sache pas de quoi il s'agit. Le piano proposé n'a rien à voir avec la fabrication historique de Pleyel sur le plan de la tradition et de la technique. Il s'agit en fait d'un piano fabriqué par Schimmel à Braunschweig. Les références, dans l'annonce, qui sont faites aux qualités de timbre du modèle F de Pleyel sont délirantes... L'acheteur croira acquérir un piano relevant de la tradition française du facteur parisien... et il est complètement trompé. Sans parler du prix de référence totalement surréaliste : l'exact même modèle de piano Schimmel se négociait à l'époque aux environs de 400 000 francs belges, soit environ 10 000 €... On est loin des 42 000 € !

8ème exemple : l'annonce fait mention d'un modèle parfait pour les auditoriums, les conservatoires et autres institutions. Or le Kawai K-15 est un produit "blanc" fabriqué en Chine qui a peu à voir, à part la marque, avec les "authentiques" Kawai des séries K1, K2, K3, etc. (voir notre page consacrée à Kawai). On joue encore ici avec la confiance de l'acheteur potentiel...

9ème exemple : c'est une tromperie - toute nue - sur la marchandise. Ici, un Zimmermann 111 fabriqué dans l'ex Allemagne de l'Est par la DPU, VEB de Leipzig, en 1977 (le n° de fabrication apparaît sur une vue du mécanisme intérieur : 335...), est présenté pour un Zimmermann Z3 fabriqué par le groupe Bechstein vers 1995 ! Ces deux instruments n'ont aucun point commun sinon celui d'avoir été fabriqué à vingt ans de distance sur le même site industriel (Seifhennersdorf) ; le Zimmermann 111 porte sa vraie marque, tandis que le Zimmermann Z3 porte une marque commerciale (la marque Zimmermann ayant été acquise par Bechstein au début des années 1990). La valeur neuve indiquée de 7000 € est relative au prix des récents pianos du groupe Bechstein ! En fait ce marchand de la région du sud de Liège a fait apparaître ce même piano plusieurs fois : en avril 2011 sur Ebay, en mai 2011 sur Ebay avec un texte curieusement modifié mais présentant les mêmes indications erronnées , sur son propre site Internet... Commiquement, il est spécifié que c'est un technicien qui a passé 15 ans chez Bechstein qui règle le piano !


Sur le site Internet du vendeur, le même piano est proposé à la vente. Le texte de la première annonce va être modifié, vraisemblablement suite à une critique d'un client. Le groupe Bechstein indiqué comme fabricant disparaît. Par contre, le modèle est toujours spécifié comme un Z3 et il est précisé qu'il a été fabriqué en 1995 en Allemagne de l'Est. L'Allemagne de l'Est (DDR) a cessé d'exister en 1990 et le piano proposé à la vente a été fabriqué en 1977.
